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Partir à l'étranger : ce qui vous couvre vraiment

Presque tout le monde part en croyant être couvert, par une carte bancaire, par la Sécurité sociale, ou par les deux. Ces protections existent, mais elles s'arrêtent à des endroits précis que l'on découvre rarement au bon moment. Voici ce que chacune prend en charge, là où elle cesse, et ce qu'il faut prévoir selon que vous partez deux semaines, six mois ou pour de bon.

Lecture 8 min Séjour, long séjour, expatriation Ce qui couvre, ce qui ne couvre pas

Trois départs, trois situations

Le mot « étranger » recouvre trois réalités qui n'appellent pas du tout les mêmes réponses. Avant de comparer des contrats, il faut savoir dans laquelle vous êtes.

  • Le séjour court. Vacances, déplacement professionnel, visite à la famille. Vous restez rattaché à la Sécurité sociale française, et le sujet se limite aux frais engagés sur place et au retour si quelque chose tourne mal.
  • Le long séjour. Études, mission, année sabbatique, télétravail depuis l'étranger. Vous gardez souvent vos droits français, mais la plupart des contrats de voyage cessent au bout de quelques mois, fréquemment quatre-vingt-dix jours par déplacement.
  • L'expatriation. Vous vous installez, vous travaillez pour un employeur local, vous quittez le régime français. Là, il ne s'agit plus de compléter quoi que ce soit : il faut reconstruire une couverture entière.

La frontière entre les deux dernières situations n'est pas une question de ressenti, elle tient à votre statut et à la durée. C'est le premier point à trancher, parce qu'il détermine tout le reste.

Ce que votre carte bancaire couvre, et où elle s'arrête

Les cartes haut de gamme prévoient une assistance à l'étranger : rapatriement, avance de frais, parfois annulation. C'est réel, et cela suffit dans beaucoup de cas. Trois limites reviennent pourtant systématiquement.

D'abord, la garantie ne joue en général que si le voyage a été payé avec cette carte. Un billet réglé par un proche, un virement, une autre carte du foyer, et la couverture tombe. Ensuite, les frais médicaux sont plafonnés, et le plafond se compare mal au coût réel d'une hospitalisation dans certains pays : au-delà, la différence reste à votre charge. Enfin, la durée est limitée, souvent à quatre-vingt-dix jours consécutifs, ce qui écarte d'emblée les longs séjours.

Le réflexe utile n'est pas de souscrire par précaution, c'est de lire les conditions de votre carte avant de partir. Il arrive qu'elles suffisent. Il arrive aussi qu'elles laissent un trou qu'un contrat de quelques dizaines d'euros vient fermer.

La carte européenne d'assurance maladie

La carte européenne d'assurance maladie, gratuite et délivrée par votre caisse, donne accès aux soins publics dans l'Union européenne, en Suisse et dans quelques pays voisins, aux conditions du pays visité. C'est précieux, et souvent mal compris.

Elle ne transforme pas les tarifs étrangers en tarifs français : si le pays laisse une part à la charge du patient, cette part reste due. Elle ne couvre ni les cliniques privées, ni le rapatriement sanitaire, qui est presque toujours le poste le plus lourd. Et elle s'arrête aux frontières de l'espace concerné : elle ne sert à rien au Canada, en Asie ou en Afrique.

L'annulation se décide avant de réserver

C'est la garantie que l'on regrette le plus souvent de ne pas avoir prise, parce qu'elle a une particularité : elle ne s'active que si le contrat est signé avant le départ, et le plus souvent dès la réservation. Un séjour annulé pour maladie, accident, deuil ou perte d'emploi peut représenter plusieurs milliers d'euros déjà engagés.

Si vous partez plusieurs fois par an, un contrat multi-voyages couvre tous vos départs sur douze mois. Le calcul est presque toujours favorable dès le deuxième déplacement, et il évite surtout d'avoir à y penser à chaque réservation.

L'expatriation : la rupture qu'on n'anticipe pas

C'est le point le plus mal connu. En vous installant durablement à l'étranger pour y travailler, vous sortez du régime français de Sécurité sociale. Ce n'est pas une suspension, c'est une fin d'affiliation. Seul le détachement, décidé par un employeur français pour une durée encadrée, vous y maintient.

Deux chemins existent alors, et ils ne s'opposent pas.

  • La Caisse des Français de l'étranger. Une adhésion volontaire qui vous rattache à un régime de base. Elle rembourse sur la base des tarifs français : dans un pays où les soins coûtent nettement plus cher, le reste à charge peut rester considérable. On la complète alors par un contrat dédié.
  • Le contrat au premier euro. Il rembourse dès la première dépense, sans régime de base derrière. C'est la solution quand l'adhésion à la Caisse n'apporte pas grand-chose au regard du pays de destination.

Le choix dépend du pays, de la composition du foyer et de la durée envisagée. Il se fait avant le départ, parce que certaines garanties, la maternité notamment, s'ouvrent après un délai.

Le retour, que personne ne prépare

On pense au départ, jamais au retour. Pourtant, en rentrant, vos droits à la Sécurité sociale ne se rouvrent pas instantanément : un délai s'écoule avant que le dossier soit traité. Sur cette période, une hospitalisation se paie comme à l'étranger.

Certains contrats d'expatriation prévoient une couverture de transition pour ces quelques mois. Cela se demande au moment de la souscription, pas au moment du retour, où il est déjà trop tard.

Questions fréquentes

Ce qu'on me demande le plus souvent

Je pars deux semaines en Europe, faut-il vraiment un contrat ?

Pas toujours. Si le voyage a été payé avec une carte qui prévoit une assistance, et que vous avez votre carte européenne d'assurance maladie, l'essentiel est souvent couvert. Le contrat devient utile quand un des deux maillons manque, quand vous emportez du matériel de valeur, ou quand le séjour représente une somme que vous ne voulez pas perdre en cas d'annulation.

Mon employeur me couvre, est-ce suffisant ?

Cela dépend de ce qu'il a souscrit et de qui est couvert. Beaucoup de contrats d'entreprise protègent le salarié et pas la famille qui l'accompagne, ou s'arrêtent à la fin de la mission. La question à poser n'est pas « suis-je couvert », mais « qui est couvert, pour quels soins, et jusqu'à quand ».

Peut-on souscrire une fois sur place ?

C'est parfois possible, souvent à des conditions moins bonnes, et jamais pour l'annulation. Certains contrats imposent aussi que la souscription ait lieu depuis la France. Le plus simple reste de régler la question avant le départ.

Une maladie déjà connue est-elle prise en charge ?

Les affections antérieures au contrat sont fréquemment exclues ou soumises à des conditions particulières. C'est le point à signaler dès le premier échange : il vaut mieux chercher un contrat qui les accepte que découvrir l'exclusion au moment du soin.

Les sports et activités à risque sont-ils couverts ?

Rarement dans le contrat de base. Ski, plongée, randonnée en altitude et sports mécaniques font l'objet d'une extension. Elle coûte peu, encore faut-il y avoir pensé avant de partir.

Deux semaines, six mois ou pour de bon ?

C'est la seule question à trancher avant de comparer quoi que ce soit. Dites-nous où vous partez, combien de temps, avec qui, et ce que prévoit déjà votre carte bancaire ou votre employeur : on vous dit ce qui manque, et rien de plus.

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